Changer les règles

Qu’est-ce qu’une start-up ?


On s’imagine de jeunes entrepreneurs dynamiques, barbus et connectés en permanence, concevant des applications derniers cris, au carrefour de la technologie, du marché mondial et d’un business plan prometteur : des débouchés et surtout des profits. La start-up n’aurait d’intérêt que si elle se développe, grossit et explose pour devenir incontournable au sein d’un marché identifié. Voilà une efficacité promise et voulue jusqu’au plus haut sommet de l’État : « Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » *.

Fort heureusement, la réalité est toute autre : l’engagement d’entrepreneurs au bénéfice de l’intérêt général existe et s’avère prometteur.

C’est le cas de l’entreprise Marguerite & Cie fondée par Gaële Le Noane et implantée sur la commune de Plobannalec-Lesconil dans le Finistère. Cette entreprise assure la conception et la distribution de produits hygiéniques de protection menstruelle, mais aussi de distributeurs de tels produits. Attention ! À ne pas confondre avec l’Association Marguerite & Cie qui agit pour la protection et la reconnaissance du lapin de compagnie. Autre sujet qui croyez-le bien, a aussi son importance. Bref, passons.

L’entreprise propose donc une solution évidente et utile à un fléau judicieusement nommé, celui de la précarité menstruelle.


Le constat

Les règles sont encore taboues.

Nous pouvons épiloguer longuement sur le sujet tant la question menstruelle nourrit un grand nombre d’idées toutes faites, mais surtout de méconnaissance de la société sur le corps des femmes. Associées uniquement à l’impureté pour certains, pour d’autres à la fécondité ou encore à de simples « histoires de femmes », ne pas s’emparer d’un sujet de santé publique aussi prédominant relève de non-dits dont les femmes sont les premières et les seules victimes.

L’accès aux protections menstruelles adaptées est freiné pour différentes raisons.

La première, la plus évidente, est la question du prix. S’il n’existe pas d’étude précise en France et que le prix varie fortement selon la quantité de sang perdue, le type de protection et d’anti-douleurs utilisés, se procurer des protections intimes représente un coût certain et non négligeable. À ce propos, la version numérique du journal Le Monde a mis en ligne un calculateur qui permet de calculer ce coût**.

La deuxième difficulté concerne le manque cruel de sensibilisation, que ce soit dans les familles, les établissements scolaires ou tout autre espace de sociabilisation des femmes, tant envers les adolescentes qui connaissent leurs premiers cycles que les femmes de tout âge et de tout milieu.


Un exemple de solution parmi d’autres

L’entreprise Marguerite & Co propose des produits éthiques et écologiques, bannissant le plastique et identifiant les producteurs de coton biologique rémunérés à la juste hauteur de leur travail de production. L’entreprise propose aussi des distributeurs de produits de protection gratuits destinés notamment aux établissements scolaires et universitaires. La région Ile-de-France les installe progressivement dans les lycées depuis septembre 2020.

L’action de Marguerite & Co s’inscrit ainsi dans la multiplication des initiatives en la matière. L’Association Règles élémentaires*** promeut l’organisation de collectes de tels produits partout en France. La médiatisation est de plus en plus importante bien que trop lente malgré l’urgence.

Mobilisons-nous pour que ces initiatives se généralisent sur tout le territoire et que la protection menstruelle devienne un sujet de santé publique, normalisé et assumé.


Pour en savoir plus : https://margueriteetcie.com/

*Discours d’Emmanuel Macron, Inauguration de la station F, Paris, 29/06/2017

**https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/07/02/precarite-menstruelle-combien-coutent-ses-regles-dans-la-vie-d-une-femme_5484140_4355770.html

***https://www.regleselementaires.com/