En amont, comme à Laval !

À la fois symboles, lieux de rencontres, de services, d’échanges et de socialisation, les cœurs de villes sont les vitrines de la dynamique des villes moyennes. Ces lieux sont ainsi stratégiques dans les politiques de développement de ces villes, qui maillent le territoire national.

Centres névralgiques au XXème siècle, ces derniers ont pour beaucoup connu une période de recul depuis le début des années 2000 : perte de population au profit de la périphérie, assortie de la création de vastes centres commerciaux à l’extérieur des villes et d’une évolution des modes de consommation. Les commerces se sont fragilisés, certains jusqu’à disparaître, pour transformer les rues historiquement commerçantes de plusieurs villes en rues fantômes.

Avec la crise économique engendrée par la situation sanitaire que connaît le pays depuis un an, de nombreux commerces sont encore plus impactés. Ils ont dû fermer, puis rouvrir, refermer, s’adapter à la situation : protocole sanitaire, click and collect, livraisons.. Les commerçants ont tout fait pour maintenir leur activité et ne pas mettre la clef sous la porte.

A Laval, le maire Florian Bercault affirmait en fin d’année 2020 que nous étions sur ce sujet dans un momentum, une période charnière pouvant être saisie comme une opportunité. Pour rendre les commerçants acteurs et les aider à prendre en main leur destin, un fonds d’urgence a donc été mis en place avec d’autres institutions pour les aider. En contrepartie, la signature d’une charte d’éthique sur la transition écologique et numérique a été signée par les commerçants bénéficiaires. Par ailleurs, la ville fait aussi partie du programme national Action Coeur de Ville, levier supplémentaire pour mettre en place des mesures fortes en faveur du territoire*.

Mais la municipalité a voulu aller plus loin. En concertation avec les commerçants de la commune, la ville souhaite recréer un esprit de proximité et une confiance entre les commerçants et les consommateurs. C’est pourquoi une grande initiative a été mise en place avec la Banque des Territoires et deux startups : un bon d’achat numérique, pour 25 euros d’achats dans un commerce de proximité du centre-ville, 5 euros seront remboursés par la collectivité. Un dispositif qui permet logiquement un effet de levier, avec une augmentation de la consommation dans les commerces locaux. En quelques jours ce sont 340 commerçants qui se sont inscrits sur la plateforme, et 5 600 bons d’achat ont été utilisés pendant la campagne.

Cette initiative montre une certaine manière de soutenir les commerces. La collectivité prend ici ses responsabilités pour protéger ses commerces de proximité, en proposant une incitation financière aux consommateurs. Elle soutient l’activité de manière fléchée, grâce à la digitalisation des achats. Mais l’intérêt de la démarche tient notamment au fait qu’elle responsabilise à la fois les commerçants sur leurs pratiques (en conditionnant les aides à de réelles contreparties, écologiques notamment), mais aussi les habitants incités à venir consommer, et auxquels on accorde un sens dans l’acte d’achat : le soutien aux commerces du centre-ville. Soutenir une consommation de proximité, c’est aider les petit commerces à survivre mais surtout à revivre. Une dynamique d’autant plus importante pour les villes moyennes, dont le centre-ville représente un levier important pour leur rayonnement.

On voit bien l’intérêt de ce genre de politique de soutien aux commerçants du coeur de ville: au-delà de sécuriser et dynamiser l’économie locale (et qui sait, créer des emplois), de limiter l'impact carbone de la consommation en favorisant une consommation locale face aux grandes plateformes en ligne, on traite la question du lien social et de la perception du cadre de vie. Est visé un cercle vertueux d’attractivité : avec un centre-ville dynamique, cela attire d’une part de nouveaux commerces et entreprises, de nouveaux flux de personnes (consommateurs, travailleurs, promeneurs) et à terme de nouveaux habitants. Le futur des villes moyennes se joue dans la capacité de recréer des lieux de vie et de proximité en leur sein !

*Le plan national Action cœur de ville concerne 222 communes partout en France et répond à une double ambition : améliorer les conditions de vie des habitants des villes moyennes et conforter le rôle de moteur de ces villes dans le développement du territoire

Crédit photo : Laval Tourisme