Jviens pas d'Panam

En France, plus de la moitié de la population vit en dehors des grands centres urbains. Malheureusement, la jeunesse des zones rurales, petites villes ou zones pavillonnaires est trop souvent oubliée des débats. Leurs problématiques sont pourtant multiples : manque d'information, mobilité limitée, difficulté pour accéder à internet, absence de réseaux d’acteurs favorisant leur parcours.

C’est ainsi que dans les régions de la France périphérique, la population active diminue, à un rythme beaucoup plus important que dans les grandes Métropoles.


Pour lutter contre ce qui peut paraître comme une fatalité, l’association Chemins d'avenirs, fondée par Salomé Berlioux, accompagne les jeunes des zones rurales partout en France. Quand elle s’est lancée en 2016, 23% des jeunes de moins de 20 ans vivaient dans des territoires isolés. En y additionnant ceux qui vivent dans les petites villes, cette situation concernait 10 millions de jeunes.

Les objectifs pour répondre à cette situation sont clairement identifiés : rendre les jeunes plus libres de leurs décisions et de leurs mouvements. Plus simplement, il s’agit de leur laisser le choix pour l’avenir, quelle que soit l’orientation choisie. Les actions sont organisées autour de trois leviers : informer, accompagner et promouvoir. Afin d’assurer une cohérence dans leur parcours, tout leur écosystème est associé, de l’Éducation nationale aux familles, jusqu’aux entreprises.


A travers un soutien personnalisé, souvent incarné par un parrain, Chemins d’avenirs a ainsi pu faire bénéficier 1.500 jeunes du dispositif pour l'année scolaire 2020-2021.


Cette action ne peut être menée par l’association seule, les politiques locales et nationales pourraient participer à la généralisation de ce type d'accompagnement. Dans son rapport Restaurer la promesse républicaine*, publié en mars 2020, l’association établit des préconisations autour de 4 axes et 25 préconisations. Parmi les enjeux présentés :

  • La représentation des jeunes des territoires ruraux et petites villes par le développement d’indicateurs adaptés pour mieux orienter les politiques publiques.

  • La mobilité par la mise en place, entre autres, d’une dotation financière individuelle accessible à l’âge de 18 ans. Cela permettrait aux jeunes éloignés des métropoles de contourner l’obstacle financier que présente l’installation dans une grande ville.

  • Le maillage territorial par des actions telles que la proposition de 30 000 stages destinés aux élèves de 3ème des zones rurales.

Cette initiative nous rappelle l’importance de maintenir nos efforts pour soutenir ces zones depuis longtemps délaissées. L’accès à la culture, à des postes d’avenir ou plus largement, à tout ce qui permet aux jeunes de s’épanouir, reste un combat pour beaucoup, notamment dans cette France dite périphérique.

La crise du Covid-19 accentuant ces inégalités entre la France périphérique et la France des grandes métropoles, les perspectives en terme d’orientation, comme nous le rappelle Salomé Berlioux, peuvent être rapidement remises en cause. Pas de job étudiant signifie pas de logement, et pas de fac car elles sont souvent trop éloignées du domicile familial dans ces territoires.


Le gouvernement a annoncé de nouvelles aides à destination des jeunes la semaine dernière, cette population étant particulièrement frappée par la précarité due à la crise. Mais il s’agit ici de mesures trop faibles et ponctuelles pour provoquer un changement important. C’est un plan global, tourné vers l’avenir que toute la jeunesse attend.


Les chiffres sont édifiants : les aires urbaines de plus de 500 000 habitants comptent 26,9 % de diplômés du supérieur (25-55 ans), contre seulement 9,5% pour celles de 20 000 à 100 000 habitants. Une situation en partie due au niveau d’accompagnement. Le 13 avril dernier, le Président de la République nous disait : “Nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons des jours heureux”, la jeunesse les attend et ils ne pourront se construire sans elle.

*Mission orientation et égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes, Restaurer la promesse républicaine. Salomé Berlioux, 5 mars 2020.