Nouvelle Démocratie

La démocratie participative se développe depuis quelques années en France, notamment au niveau local. Ainsi, la participation des citoyens aux décisions de leurs communes s’est étendue au-delà des périodes électorales. Budget participatif à Paris ou dans le Gers, consultations sur des projets d’aménagement urbain ou un site participatif et des réunions régulières à Loos-en-Gohelle… sont autant de dynamiques intéressantes pour la collectivité.


Néanmoins, cette approche reste régulièrement cantonnée au développement de quelques activités et à des choix urbanistiques très localisés. D’ailleurs, pour beaucoup de projets, l’avis des citoyens ne compte que partiellement dans la décision finale.


La mairie de Nantes est allée un peu plus loin.


15 lieux laissés en friche sont progressivement réaménagés selon les propositions des citoyens. Une nouvelle vie pour ces espaces, tournée vers plus d’écologie, de solidarité et d’innovation. Inaugurés en partie l’année dernière (une cantine participative, une galerie Zéro-Déchet…) certains lieux ont ouvert leurs portes en septembre : 

  • Le Grand Bain : un lieu ressource de l’économie coopérative et solidaire, qui donne à voir les initiatives associatives du quartier.

  • La salle bretagne rénovée : du club de bridge aux soirées électro, en passant par des projections de films ou encore des ateliers théâtre, ce lieu d’activités culturelles a pour vocation de réunir les habitants du quartier (l’ouverture définitive est prévue pour 2021).

  • Le Champignon Urbain : les Nantais pourront venir y acquérir des champignons mais aussi en apprendre plus sur cette leur culture particulière, à travers des ateliers pédagogiques.

Une initiative qui permet au Nantais de se réapproprier des espaces de vie urbaine, grâce au choix de la collectivité, qui aurait pu en faire des lieux commerciaux plus “classiques”. 


Plus largement, une dynamique de démocratie participative mise en place de manière construite, permet d’installer une gouvernance partagée vertueuse sur les territoires. À l’inverse, l’organisation de consultations qui mobilisent des citoyens, sans résultat peut rompre toute confiance dans ces dispositifs. 


Le Grand débat organisé par la présidence actuelle en est l’illustre exemple. Un appel aux cahiers de doléances pour un résultat invisible et une absence totale de suivi. Dans une moindre mesure, la convention citoyenne, une initiative inédite sur le papier, a montré quelques limites dans son organisation. 


Pourquoi ne pas avoir dès le début associé les représentants gouvernementaux et issus de la société civile pour avoir des propositions ayant déjà pris en compte des avis divergents ?


L’approche nationale de la convention citoyenne ou des référendums d’initiatives populaires est néanmoins intéressante dans le changement de paradigme qu’elle pourrait provoquer. Ces leviers et processus de décision peuvent doivent être perfectionnés. 


Enfin, la question de l’éducation des citoyens à des processus participatifs est également à développer. Tout le monde ne dispose pas des mêmes moyens ni du temps nécessaire à cette démarche. Apprendre à écouter, à parler en public, à débattre mais aussi à accepter le compromis serait donc un levier pour la démocratie de demain. 


La participation citoyenne ne doit pas être une case à cocher dans un programme - au risque que cela se retourne contre le futur élu - mais une démarche sincère intégrant une réelle délégation de compétence et de pouvoir.